Un jour n’est pas l’autre.

Maguy prit son service. Il était sept heure du matin. Elle avait quitté l’hôpital pour travailler en maison de repos et de soins. Elle y était depuis dix ans. C’était un choix de carrière mais surtout un choix de vie qu’elle avait fait en quittant le milieu hospitalier pur et dur. Infirmière en maison de repos et de soins, elle se sentait au plus près de l’être humain : l’essence même de sa profession, de sa vocation.

Avec les années d’expérience, Maguy avait acquis beaucoup de maîtrise de soi et ne se laissait plus emporter par les difficultés du métier. Elle avait compris qu’on aborde jamais les journées de la même façon, que rien n’est gagné d’avance, que les collègues et les patients sont humains et donc versatiles. Au même titre que la santé, elle ne pouvait souhaiter qu’une chose : que tout soit stable.

C’est donc le coeur serein qu’elle entama sa journée. Elle n’oubliait jamais le conseil qu’elle avait reçu lorsqu’elle était jeune infirmière diplômée au bloc opératoire d’un grand hôpital universitaire du pays. Un jour, alors qu’elle préparait la salle pour une intervention chirurgicale, le professeur DK, chef de service anesthésie, la prît de côté et lui dit, d’un ton calme et profond, la fixant du regard « Tu ne dois pas stresser. Tu ne dois pas laisser les autres te stresser. Tu ne dois pas stresser comme les autres. Tu dois savoir gérer et maîtriser ton stress. Ne cours pas pour rien. Ici, on court pour un arrêt cardiaque. Le temps doit être ton allié, pas ton ennemi ». Elle ne l’a jamais oublié. Elle pouvait paraître excessivement calme quand tout n’était que tohu-bohu. Cela ne voulait pas dire qu’elle ne stressait pas au fond d’elle.

Elle prît donc l’annonce d’une nouvelle élève stagiaire infirmière à accompagner avec beaucoup de douceur, de recul et d’humanité sachant très bien que la formation d’une stagiaire ralentirait son travail, déjà pressé par le planning de la journée.

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MidyaET

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